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Entretien avec Matthieu Autret, Managing Partner des activités juridiques et fiscales en France

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À la tête des activités juridiques et fiscales d’EY en France, Matthieu Autret nous éclaire sur les évolutions technologiques et réglementaires de son secteur.


En résumé :

  • Interview de Matthieu Autret, Managing Partner des activités fiscales et juridiques d’EY en France.
  • De Lyon à Paris en passant par New York, il a vécu plusieurs vies au sein de notre cabinet.
  • Le point sur les évolutions techniques et réglementaires qui percutent sa ligne de service.

À la tête des activités juridiques et fiscales d’EY en France depuis le 1er janvier, cet avocat fiscaliste de 47 ans a vécu plusieurs vies au sein de notre cabinet, de Lyon à Paris en passant par New York. Un atout pour s’adapter aux évolutions technologiques et réglementaires qui percutent les métiers de sa ligne de service.

« Jouer collectif, tous métiers confondus, est au cœur de notre modèle : en réunissant les expertises, nous construisons des relations durables avec nos clients ».

Dans quelles circonstances rejoignez-vous EY ?

J’intègre EY Société d’Avocats en 2002, au bureau de Lyon, en tant que stagiaire, peu de temps avant de prêter serment. Une période charnière, marquée par le rapprochement avec Arthur Andersen.

Ces premières années à Lyon sont structurantes, tout comme mon expérience internationale. En 2007, je rejoins le département de fiscalité internationale d’EY à New York. Aux États-Unis, je me confronte à de nouvelles méthodes de travail, à une autre culture professionnelle, que j’aborde avec humilité comme un nouveau départ.

En 2009, vous rejoignez le bureau parisien d’EY ?

Une troisième carrière avec la même couleur de badge ! L’époque où je me spécialise en fiscalité transactionnelle : je réalise des due diligences et des structurations fiscales dans le cadre de cessions, d’acquisitions et de réorganisations complexes. J’accompagne principalement des groupes français dans leurs projets d’investissement et de développement à l’international.

En 2014, vous êtes promu associé…

Je me souviens de l’appel de Jean‑Pierre Letartre, alors président d’EY France. La conclusion d’un parcours où on est amené à rencontrer les associés d’autres métiers et d’autres pays, à s’interroger sur sa carrière et à la direction qu’on souhaite lui donner. J’ai eu la chance de faire partie d’une belle promotion de cinq associés.

En 2019, vous êtes nommé responsable de l’équipe Transaction Tax pour la France ?

C’est ma première prise de responsabilités managériales, à la tête d’une équipe Transaction Tax déjà très performante, connectée à EY‑Parthenon et aux autres métiers du cabinet. Et ce en pleine pandémie de Covid puis d’une période de dynamisme, durant laquelle il a fallu lutter pour retenir les talents.

En parallèle, je suis nommé en 2021 Chief Operating Officer d’EY Société d’Avocats. Où je supervise la gestion financière du cabinet et accompagne, notamment, la migration vers Mercury (une aventure…). À partir de 2024, j’occupe cette fonction à l’échelle d’EY France, ce qui me conduit à rejoindre le comité exécutif.

Autant d’expériences qui m’ont aidé à développer une une vision globale du cabinet, une compréhension de ses enjeux stratégiques, opérationnels et humains, tout en restant profondément ancré à mon métier d’avocat fiscaliste.

Début 2026, vous êtes promu Managing Partner pour la France.

Je prends la responsabilité de la ligne de service Tax pour la France : elle regroupe nos activités juridiques, fiscales et d’ACR (Accounting, Compliance & Reporting).

Sur ce périmètre, EY est le leader des cabinets pluridisciplinaires, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 220 millions d’euros et près de 1 000 collaborateurs en France, dont plus de 100 associés.

Historiquement reconnu sur la fiscalité, le cabinet intervient sur l’ensemble des métiers du droit des affaires : M&A, droit économique, droit de la concurrence, propriété intellectuelle, droit immobilier... Toutes les grandes expertises juridiques y sont représentées.

Pourquoi EY est-il le leader de ce secteur ?

C’est en partie le fruit de l’histoire du cabinet, issu du rapprochement des équipes d’Arthur Andersen, et EY en 2003. S’en est suivi une période de stabilité managériale, qui a facilité la mise en œuvre de la stratégie de développement du nouvel EY.

Aujourd’hui, notre position repose sur trois facteurs clés.

Tout d’abord, l’interdisciplinarité : notre principal atout. Nos équipes travaillent de manière intégrée, tous métiers confondus, pour accompagner nos clients dans la durée.

Ensuite, notre maillage territorial et international : avec dix bureaux en régions et un réseau mondial de plus de 50 000 professionnels du droit et de la fiscalité dans plus de 150 pays, nous combinons la proximité avec nos clients – des ETI aux grands groupes – avec une capacité d’intervention globale.

Enfin, nous investissons dans l’IA et les nouvelles technologies tout en recrutant des collaborateurs talentueux que nous formons à l’usage des nouveaux outils – en retour, ils contribuent à développer de nouveaux cas d’usage. N’opposons pas IA et développement de notre capital humain.

Un séminaire annuel EY rassemble vos clients à Marseille…

Notre événement phare, presque une marque déposée ! Depuis plus de vingt ans, il réunit début octobre les directeurs fiscaux, principalement de groupes français. Nous y consacrons beaucoup d’énergie pour délivrer du contenu à forte valeur ajoutée sur les sujets d’actualité et les grandes tendances. Cet événement nourrit notre propre doctrine au sein du cabinet. L’occasion, aussi, de lancer dans l’arène la nouvelle génération, en binôme avec des associés expérimentés. Le succès de l’événement tient aussi à sa convivialité et à son esprit club, qui s’est créé au fil des ans.

Vos priorités pour 2026 ?

Consolider notre position, à Paris comme dans nos bureaux de régions, en renforçant nos différentes expertises.

Et accélérer la transformation de nos métiers en intégrant les évolutions technologiques et l’usage de l’IA à notre quotidien. Les besoins de nos clients évoluent également, avec une demande pour les Managed Services – de plus en plus, nous prenons en charge certains de leurs processus.

Sans oublier la préparation de notre déménagement à Paris – au cœur du Quartier central des affaires –, dans un immeuble entièrement réhabilité. Un événement marquant dans la vie du cabinet et, je l’espère, pour nos collaborateurs.

Propos recueillis par Dorothée Duparc

Ce qu'il faut retenir

Droit et fiscalité, les trois atouts d’EY en France

1. L’interdisciplinarité
Nos équipes travaillent de manière intégrée, tous métiers confondus, pour accompagner nos clients dans la durée.

2. Un maillage territorial et international
Avec dix bureaux en régions et un réseau mondial de plus de 50 000 professionnels du droit et de la fiscalité dans plus de 150 pays, EY en France combine proximité avec ses clients et capacité d’intervention globale.

3. L’investissement dans l’IA et les nouvelles technologies
Et ce tout en recrutant des collaborateurs talentueux formés à l’usage des nouveaux outils, qui contribuent à développer de nouveaux cas d’usage. 

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